What’s Old is New Again: An Analysis of the Conservative French Debate

After much upheaval and rescheduling, the Conservative leadership candidates finally came together for the first debate of the campaign. A debate in French is a tall order for the all-anglophone panel of candidates while ability to speak in French is becoming more important to a majority of Canadians. All candidates did their best to come across as coherent and Prime Ministerial in their remarks, but who succeeded?

In terms of French ability, Peter MacKay took the title of most fluent. He was articulate, able to speak on the fly, and looked like a Prime Minister. Erin O’Toole gets second-place for his decent pronunciation, conversational tone, and his ability to speak in real-time with Peter MacKay. However, he could not keep up when it came to a live debate, with MacKay taking up most of the airtime. Derek Sloan surprised all with his stronger-than-expected French ability, however he resorted to asking questions of the frontrunners during debate portions, rather than, well, debating. Finally, Leslyn Lewis did well for someone who only began her French lessons this year, but she was nowhere near Prime Ministerial. Her eyes stayed on her notes, and she was not able to read a prepared statement, let alone debate in real time.

On issues, there was no lack of traditional Conservative fare, but many of the themes discussed might not have been out of place at a Liberal debate. O’Toole and MacKay gave traditional Conservative answers to questions on national defence, the importance of the oil and gas sector to Canada’s economy, plans for the economic reopening post-COVID-19, and the concept of building an energy corridor across Canada. MacKay dominated on the socially progressive themes of the night, such as abortion, immigration levels, and support for LGBTQ issues, delivering a powerful speech in support of including Conservatives of all genders and sexualities in the party. O’Toole, meanwhile, was unclear on his views on social conservatism, and was hit hard by MacKay on his inability to pick a side. Sloan and Lewis were both clearly on the side of social conservatives, with Sloan decrying cancel culture and political correctness.

Ultimately, the debate was a contest between O’Toole and MacKay. MacKay attempted to speak for as long as possible in the free debate rounds, to crowd out the weaker French-speakers on the stage. O’Toole tried to fend off this strategy but came off as whiny and unduly upset by routine political attacks. Often, he tried to get a one-liner in over MacKay’s monologues but was unsuccessful. Both men wound up speaking over each other continuously, even accusing each other of dividing the party. MacKay managed to get in the best one-liners, at one point calling his rival Erin Trudeau. MacKay focused on linking himself to the great Tories of old, like Brian Mulroney and John Diefenbaker, while O’Toole worked to paint himself as the leader of the future. This dynamic will likely play out further in the upcoming English debate.

So how did everyone do? Peter MacKay demonstrated the pedigree, experience, and composure necessary to convince Canadians that he could one day be Prime Minister. O’Toole fell short of producing a complete picture of his views, and his attempts to look like a man of the future will not sell against a younger, more progressive Prime Minister. Derek Sloan was able to communicate his ideas, albeit not articulately, and made it clear that he supports social conservative viewpoints. Oh, and Leslyn Lewis was there too.

Alors que ce passage obligé de la course à la chefferie a dû être repoussé en raison de la pandémie, les candidats à la tête du Parti Conservateur ont enfin pu se prêter à l’exercice, en commençant hier soir par le débat en français. Cela représentait toutefois un défi de taille pour les candidats, qui sont tous anglophones. Qui a réussi à se démarquer comme potentiel premier ministre aux yeux des électeurs francophones?

Selon les experts linguistiques, Erin O’Toole et Peter MacKay sont les candidats qui maîtrisent le mieux le français, même si on reste encore loin d’un niveau acceptable pour les électeurs francophones. Erin O’Toole, malgré un fort accent, adoptait un discours généralement fluide et compréhensible sans être entièrement dépendant de ses notes pour répondre aux questions. Il peinait toutefois par moment à garder la cadence contre McKay, qui s’est démarqué pour son charisme et ses habiletés de débatteur. Derek Sloan, de son côté, s’est montré tout simplement incapable de débattre avec ses homologues. Sa vision peu commune de la question linguistique, qui propose que le Québec ne fournisse que des services en français et que l’Alberta ne fournisse que des services en anglais, risque également de faire sourciller les minorités linguistiques partout au pays. Leslyn Lewis, malheureusement, a été tout simplement incapable de lever les yeux de son texte, et a dû se résoudre à s’effacer peu à peu du débat.

L’éventail habituel des enjeux conservateurs traditionnels ont évidemment été abordés lors du débat. O’Toole et MacKay ont donné des réponses attendues aux questions portant sur la défense, sur l’importance du secteur pétrolier, sur leurs plans de relance économique post-pandémie ainsi que sur la construction d’un couloir énergétique traversant le pays. McKay a toutefois marqué d’importants points en abordant des enjeux plus progressistes, comme son appui à la communauté LGBTQ+ et son intention de faire preuve de plus d’inclusion au sein même du parti, ainsi que sa position « pro-choix » sur l’avortement. O’Toole, au contraire, est resté très vague sur les questions de valeur, s’exposant à de vives critiques de la part de MacKay quant à son incapacité à prendre position. Sloan et Lewis, sans grande surprise, se sont déclarés clairement en faveur du conservatisme social. Sloan s’est notamment opposé à l’Accord et Paris et à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

Le débat s’est donc avéré être une compétition entre les deux meneurs, O’Toole et MacKay. Ce dernier a notamment tenté de monopoliser le temps de discussion au profit des candidats ne maîtrisant pas la langue de débat. O’Toole, qui s’est plaint de cette tactique à de multiples reprises, a souvent peiné à interrompre les longs monologues de MacKay, se fâchant même à quelques reprises. Les deux hommes ont passé la majeure partie du débat à se couper la parole et à s’accuser l’un et l’autre de diviser le parti. Comparant son rival au premier ministre actuel en l’appelant « Erin Trudeau », MacKay a tenté de se positionner dans la même lignée que les grands leaders Tories du passé, dont Brian Mulroney et John Diefenbaker. O’Toole, de son côté, a tenté se présenter plutôt comme « l’homme du futur », une dynamique qui risque fort bien de se reproduire lors du débat en anglais.

Quel est donc le verdict? Peter MacKay semble avoir réussi à démontrer l’expérience, les compétences et le charisme nécessaires pour convaincre les électeurs francophones qu’il pourrait être premier ministre du Canada. O’Toole, de son côté, n’a pas réussi à offrir une perspective d’ensemble de ses politiques et de ses positions personnelles sur les enjeux sociaux. Son positionnement comme « conservateur du futur » risque également de se montrer insuffisant face à un jeune premier ministre progressiste comme Justin Trudeau. Du point de vue du Québec et des communautés francophones ailleurs au pays, la performance des deux autres candidats est carrément insuffisante pour un parti politique d’envergure nationale. Sloan, bien qu’il se soit montré plus clair sur ses couleurs politiques, a pâli en comparaison aux deux premiers. Lewis, elle, s’est malheureusement contentée de faire acte de présence.